« ...Nan pis l'autre jour je suis encore tombée. C'est ça, tête en l'air comme tu disais. Je pensais à toi justement. Ca devait arriver : je me suis étalée. Et les gens ont cette manie de s'arrêter pour te regarder, cétait évident, je les ai insulté. J'étais à cran, quelques minutes plus tôt je ronchonnais déjà. T'es pas là, je suis en retard, il pleut, y a la queue à la boulangerie, quelle journée de merde ! Enfin tu me connais, je suis comme ça moi, je veux pas qu'on me demande si j'ai besoin d'aide. Qu'on m'aide, et pis c'est tout ! Mais ça ça paraît trop demander. Et puis je sais pas ce que j'ai à écouter C½ur de Pirate, peut-être que je me suis cognée la tête, ou alors c'est toi qui me l'a renversée... Tu ne veux toujours pas décrocher ? J'ai vraiment besoin de parler tu sais. Tu as peut-être raison finalement. Et pis ton répondeur n'est pas si mal. Et c'est rassurant de te savoir juste là, derrière le combiné, amusé de mes aventures, ou plutôt offusqué de mon sale caractère, de constater que je suis toujours aussi sans-gêne, faire comme avant, comme si rien de s'était passé. Mais j'ai besoin de parler, et maintenant que tu n'es plus là je parle à qui moi hein ? Tu crois que ça va être facile ? tu crois que tu vas me balayer de ta vie comme tu effaces les messages de ton répondeur ? Ouvre les yeux, on en est plus là, à se dire adieu, à se détruire avec ces mots qu'on balançait sans même prendre le temps d'analyser les conséquences. On a grandi, j'ai grandi et je sais qu'on aura des moments durs mais je te veux à mes côtés Léo. Je veux que tu sois là le jour où j'achèterai un chien, le jour où j'aurai une promotion, celui où je rencontrerai un homme merveilleux et aussi celui où je dirai que c'est un con, et aussi... Léo, reviens. »
Les amours de vacances finissent pour toutes sortes de raisons
mais au bout du compte, elles ont une chose en commun.
Ce sont des étoiles filantes, lumières tout à fait spectaculaires venues des cieux,
un fugace aperçu de l'éternité qui disparaît en un éclair.